L'archipel n'est pas seulement une destination balnéaire. C'est un carrefour culturel swahili, arabe, indien et africain, une histoire de commerce et d'épices qui a fait la fortune de l'île au XIXe siècle, et une nature marine parmi les plus riches de l'océan Indien. Beaucoup de voyageurs arrivent pour la plage et repartent en racontant une rencontre dans un village ou une matinée dans une ruelle de la vieille ville.
Voici les visites qui méritent réellement une place dans un séjour, dans l'ordre où nous les proposons le plus souvent, avec pour chacune ce qu'elle demande de temps et le conseil que nous donnons à nos voyageurs.
Stone Town et son classement UNESCO
La vieille ville de Zanzibar est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est la première ville d'Afrique construite en pierre, fondée par les Bantous au VIIIe siècle, puis façonnée par les Perses de Shiraz, les Portugais, les sultans de Mascate et d'Oman et enfin le protectorat britannique, une trajectoire que nous racontons en détail dans notre chapitre histoire de Zanzibar. Ce millefeuille se lit dans l'architecture, d'une ruelle à l'autre.
On y marche sans itinéraire, entre les maisons hautes qui gardent l'ombre, les portes sculptées, les échoppes, les cours intérieures et les terrasses. Le fort arabe, la Maison des Merveilles, le palais du sultan, la cathédrale bâtie sur l'ancien marché aux esclaves et les mosquées jalonnent la promenade, mais l'essentiel est l'atmosphère, que l'on saisit mieux tôt le matin, avant la chaleur et avant les groupes.
Deux moments structurent la journée. Le marché de Darajani, le matin, pour les épices, le poisson, les fruits et le bruit. Les Forodhani Gardens, en fin de journée, quand les stands de cuisine s'installent face à la mer et que la ville entière semble s'y donner rendez-vous, un marché de nuit que nous détaillons dans notre chapitre cuisine et épices. Ces usages s'inscrivent dans une culture swahilie que nous présentons dans notre chapitre culture et savoir-vivre.
Notre conseil
Consacrez une journée pleine à Stone Town, en début de séjour plutôt qu'à la fin : à vingt minutes de l'aéroport, elle évite un long transfert le jour de l'arrivée, et l'on comprend mieux le reste de l'île après l'avoir vue. Notre page visiter Stone Town détaille le lieu, et notre visite guidée de la vieille ville la parcourt avec un guide francophone.
Une plantation d'épices
Si Zanzibar est surnommée l'île aux épices, c'est que leur culture, celle du clou de girofle en particulier, a fait sa fortune et sa renommée. La visite d'une plantation permet de voir sur pied ce que l'on ne connaît qu'en bocal : girofle, cannelle, muscade, vanille, poivre, cardamome, curcuma, gingembre, tamarin.
Le guide ouvre une écorce, froisse une feuille, fait goûter, explique l'usage culinaire et médicinal de chaque plante. Autour de la ferme poussent les fruits tropicaux, papaye, mangue, fruit du jacquier. La visite se termine souvent à l'épicerie de la ferme, où l'on achète des épices fraîches directement au producteur, sans intermédiaire.
Comptez une demi-journée, environ deux heures trente de visite guidée. C'est l'excursion la plus facile à combiner avec Stone Town, puisque les plantations se trouvent sur la route qui remonte vers le nord de l'île.
Le détail de la sortie figure sur la fiche visite d'une plantation d'épices, et notre chapitre cuisine et épices raconte ce que ces plantes ont fait à la cuisine de l'île.
La forêt de Jozani
Jozani est le seul parc national de l'île, et le dernier refuge d'une forêt qui couvrait autrefois une bonne partie d'Unguja. On y vient pour le colobe roux de Zanzibar, un singe endémique que l'on ne trouve nulle part ailleurs au monde, habitué à la présence humaine et facile à observer dans les arbres, souvent à quelques mètres du sentier.
La visite associe une forêt primaire, une forêt plantée et une passerelle en bois qui traverse la mangrove, la partie la plus étonnante du parcours : on marche au-dessus des racines aériennes, dans une lumière verte, en écoutant l'eau travailler sous les planches.
Comptez deux à trois heures. Le parc se situe sur la route de la côte est, ce qui en fait une étape naturelle le jour d'un transfert depuis Stone Town vers Paje ou Jambiani. Prévoyez des chaussures fermées et un répulsif, la mangrove est humide.
Notre conseil
Venez tôt ou en fin d'après-midi, quand les singes sont actifs et les groupes moins nombreux. Nous combinons volontiers Jozani avec la baie de Chwaka dans la même sortie.
Prison Island et les tortues géantes d'Aldabra
À vingt minutes de bateau de Stone Town, l'île de Changuu doit son surnom de Prison Island à un complexe pénitentiaire construit en 1893 par le Premier ministre britannique de Zanzibar, qui n'a finalement jamais servi de prison mais de station de quarantaine pour les malades de la fièvre jaune et du scorbut.
Ce que l'on vient voir aujourd'hui, ce sont les tortues géantes, descendantes de celles offertes par les Seychelles au XIXe siècle. Elles vivent en liberté dans un enclos ombragé, on les approche et on les nourrit, et les plus âgées portent une date peinte sur la carapace. Les enfants en gardent un souvenir durable, les adultes aussi.
L'île se parcourt ensuite librement, entre les ruines, la végétation, les paons et les antilopes, avec une belle vue sur Stone Town. La sortie se termine par une session de masque et tuba dans des eaux transparentes.
Notre conseil
Partez tôt. Prison Island est très fréquentée en milieu de journée, quand tous les bateaux arrivent en même temps, et l'expérience n'a rien à voir à neuf heures du matin. Voir la fiche Prison Island, l'île des tortues.
Le banc de sable de Nakupenda
Nakupenda signifie je t'aime en swahili, et le lieu porte bien son nom : une langue de sable blanc qui émerge au large de Stone Town à marée descendante, entourée d'eau turquoise sur trois cent soixante degrés, et qui disparaît quelques heures plus tard.
La sortie se fait en bateau à moteur depuis le port, avec un pique-nique de poisson et de fruits déjeuné les pieds dans l'eau, puis une session de masque et tuba, souvent du côté de Prison Island. Comptez une demi-journée, départ vers dix heures et retour en milieu d'après-midi.
C'est sans doute l'endroit le plus photogénique de l'archipel, et c'est aussi le plus fréquenté aux heures centrales : plusieurs bateaux peuvent se retrouver sur la même bande de sable. Nous le disons franchement pour que personne ne s'attende à un îlot désert. Le détail figure dans nos excursions aquatiques.
L'atoll de Mnemba
Au large de Matemwe, sur la côte nord-est, l'atoll de Mnemba entoure une île privée et abrite une zone marine protégée. C'est le meilleur site de masque et tuba de l'archipel, et l'un des meilleurs spots de plongée : tombants, jardins de corail, bancs de poissons denses, tortues fréquentes et dauphins de passage.
La sortie se fait en bateau depuis la plage de Matemwe, en une vingtaine de minutes. L'île elle-même est privée et ne se visite pas, mais l'eau qui l'entoure, elle, est ouverte. Une matinée suffit largement, et c'est le moment où la mer est la plus calme et la visibilité la meilleure.
Pour qui vient pour le monde sous-marin, cela oriente clairement le choix de la base : dormir à Matemwe évite une heure de route matinale avant d'embarquer. Notre page voyage plongée détaille les autres sites de l'archipel, à commencer par ceux de Pemba.
Les dauphins de Kizimkazi
Des groupes de dauphins fréquentent en permanence les eaux du sud de l'île, au large de Kizimkazi, et des sorties partent chaque matin à leur rencontre. Nous devons être honnêtes sur ce point : la pression touristique sur ces groupes est forte, et il n'est pas rare de voir plusieurs bateaux converger vers les mêmes animaux, les poursuivre et pousser les passagers à se mettre à l'eau au milieu d'eux.
Cette façon de faire nous met mal à l'aise et nous ne la recommandons pas. Si vous tenez à cette sortie, deux conditions : exiger un opérateur qui respecte les distances d'approche, coupe le moteur et renonce lorsque les animaux s'éloignent, et éviter la haute saison, quand la flottille est la plus dense. Nous travaillons avec des prestataires qui acceptent ces règles, quitte à rentrer sans avoir mis les passagers à l'eau.
Pour observer la faune marine sans cette réserve, le Safari Blue dans la baie de Menai, où les dauphins se croisent au fil de la navigation, ou une sortie à Mnemba nous paraissent de meilleures options.
La ferme d'algues et les villages du sud-est
Après le tourisme, l'exploitation des algues est le deuxième secteur économique de l'île, et ce travail est presque exclusivement féminin. À marée basse, les femmes des villages du sud-est entrent dans le lagon pour entretenir et récolter les lignes plantées sur le platier, puis font sécher la récolte au soleil, devant les maisons.
La visite d'une ferme gérée par une coopérative permet de comprendre la culture, la récolte, le séchage et le pilonnage, et surtout d'échanger avec celles qui y travaillent. Les algues servent notamment à fabriquer des cosmétiques, et les femmes de la coopérative confectionnent elles-mêmes des savons que l'on peut acheter sur place. Une collation de gâteaux et de jus à base d'algues clôt la visite.
C'est une sortie courte et peu spectaculaire, sans monument ni panorama, et c'est pourtant celle dont nos voyageurs nous reparlent le plus souvent au retour. Voir la fiche la ferme coopérative des algues.
Notre engagement
À chaque visite, une contribution est reversée à la coopérative, et la recette des ventes de savons et de cosmétiques lui revient intégralement.



